06 mars 2010
Donald Burgy (Art conceptuel, une entologie) -
Faites quelque chose que toute chose fait
Faites quelque chose que tout le monde fait
Faites quelque chose que vous faites souvent
Faites quelque chose que vous faites souvent mais faites-le mieux
Faites quelque chose que vous n'avez jamais fait
Faites quelque chose qui vous oblige à changer de vie
Faites quelque chose qui oblige tout le monde à changer de vie
Faites quelque chose qui change tout
Idée ordre n°3
septembre 1969
07 février 2010
Enter the Circus - Chapter 10 "DOWN"
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L. a un petit ami ? L. a un petit ami ! L.-a-un-petit-ami.
Mais c’est tellement mieux de s’accaparer celui des autres. Alors je suppose que ce très cher est à peu près au même stade que moi. Du genre paranoïa, délire frustrés, questions omniprésentes… La panoplie. Je ne le vois plus. Il ne me voit pas. La vie est parfaite pour lui, excepté cette petite blondasse de teenager qui lui colle au pantalon, pire qu’un caniche dans tous ses émois. Quelle idiote je fais.
Il va désormais presque tous les soirs dans les rues avoisinantes, seul avec elle. C’est dent, ça saute aux yeux. Je sais très bien ce qu’il se passe. D’autant que les rumeurs suivent toute cette histoire avec attention. A quoi bon se cacher la vérité ? A quoi bon me cacher la vérité ? Car évidemment Monsieur nie totalement. 10
J’imagine parfaitement la scène dans l’autre camp. Lui amoureux faible, elle amoureuse trop faiblement. Mais pour elle ce doit être comme une base à laquelle se raccrocher, juste histoire de ne pas retomber dans le vide sidéral du célibat. Alors elle le quittera, alors il l’aimera encore, alors il la haïra, alors il trouvera bien mieux… alors elle ne saura pas comment c’était pour lui.
*
Je n’aime pas ce que je deviens. Nous n’étions plus « ensemble » depuis trois jours puis nous étions à nouveau « ensemble ». Il faut hélas utiliser ce mot avec d’énormes précautions car finalement, c’est un ensemble bien désassemblé que nous formions. Un ensemble à sens unique. Seule la pitié l’a fait revenir vers moi. C’est tout ce que je vois dans ses yeux qui me regardent de haut. De la pitié. De la pitié. De la pitié. De la pitié.
Je divague, délire, élucubre, hallucine. Ô brave jeunesse, que deviens-tu pour si peu !
*
« Elle s’est mise à boire à cause de son petit ami de presque deux ans son aîné» Quelle phrase choc ! On pourrait faire tourner les rotatives du lycée avec mes histoires. On pourrait en faire un site web réservé aux potins. On pourrait surtout avoir encore plus pitié de moi. Et la pitié j’en ai bien assez. La mienne me suffit. La sienne m’a fait déborder. Je déborde sur mes amis qui me supportent dans tous les sens du terme. Tandis que moi je déborde d’ébriété dans une petite ruelle sombre qui longe notre fournisseur en bière. Je suis ridiculement amoureuse, je suis ridiculement douée de haine immense. Pour lui, pour elle, pour moi et pour qui voudra le reste. Je la distribue à tout le monde : aux passants, aux professeurs et autres âmes errant dans mon champ de vie.
*
Cela fait que deux semaines qu’il m’a laissé à terre. Je suis maintenant dans la boue.
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29 octobre 2009
Enter the Circus - Chapter 8 - No way
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Ce n’est pas une routine. Tous les jours je prends le bus,
tous les jours j’attends, tous les jours je prends le car et tous les
jours cela se répète. Tout ceci pour échapper à l’internat. J’accepte
donc cette non-routine avec résignation. En effet je prône cette
non-routine.
Tout élève aime, redoute le quatre septembre mais ce sont
bien les jours qui suivent qu'ils détestent bien plus. « Ces jours qui
se suivent et finissent par tous se ressembler au bout de deux semaines
», répètent-ils. Journées monotones du mois de janvier, les pires
soi-disant, celles qui achèvent les meilleurs mois de l’année, celles
qui débutent cette période sourde sèche et blanche d’un hiver à peine
commencé. Un hiver qui se complaît à s’étendre jusqu’aux premières
feuilles, premiers bourgeons d’amour, premières fleurs du mal.
Je suis tout sauf blasé par ces journées qui listent mes
années d’études. Chaque journée est et sera différente d’une autre. Par
ses cours, par ses paroles, par ses idées, par le temps, par ses
couleurs, par sa musique. Chaque jour est nouveau.
J’y saute à pieds joints en piétinant ce reste de nuit qui
s’accroche avec froideur aux paysages pastel de ma campagne. Alors
j’attends, j’observe, j’attends et j’admire. Car s’il est bien une
chose que jeunes et vieux ne prennent pas le temps, c’est d’observer.
Observer la nature, la contempler. La simplicité suffit à provoquer de
petits bonheurs, courts certes mais intemporels. La liste est longue et
interminable. Je m’attèle donc à redécouvrir ces paysages sous un oeil
nouveau chaque jour, sous un temps différent et dans les mains de
saisons différentes.
Je grimpe alors dans ce véhicule qui me sort de ces rêveries
ou bien de ces révisions de dernières minutes. Car il faut bien
l’avouer, rêveur à plein temps est une fonction bien impossible à
remplir ici-bas…Je passe donc ces regards hébétés, endormis, blasés et
m’installe contre la vitre, face à mon regard. C’est un voyage
différent le matin et le soir. La tête pleine d’espoirs et de questions
le matin devient un esprit, comblé ou non, d’une journée souvent
éprouvante. Les paysages défilent ainsi que les humeurs au fil des
kilomètres, des arbres et des jours. Je positionne alors ma tête et mes
écouteurs et mon esprit s’évade au son de Yann Tiersen, de Lux Aeterna
ou même d’un certain Danny Elfman. Les paysages deviennent des
histoires, des personnages s’y incrustent, mes regards se transforment
en plans de caméra. Le tragique succède alors à la joie selon la
lecture aléatoire de mon lecteur de musique. Les images se succèdent,
simples clichés cinématographiques se mêlant à ma vie affective, le
tout formant une nouvelle histoire chaque jour. Parfois la musique
décide de mon humeur, parfois je la planifie. Le ronronnement du moteur
me rattache à la réalité tout en me berçant tandis que les notes de
musiques me coupent des mouvements des autres. Une fois la journée
passée, le rituel reprend et j’arrive chez moi quand le ciel s’adoucit
de couleurs flamboyantes. Il n’est pas meilleur remède que cette
musique qui rythme vos pas, le volume au maximum, les sens éveillés et
la nuit qui, ayant vidé la rue, vous effraie comme vous fascine. Chaque
voyage est différent, conséquence d’une journée aux aspects changeants
et aux contenus multiples.
Je me suis coupé du monde, par cette musique qui est sensée
nous réunir. Je suis incompris mais je ne les comprends pas non plus.
Les échanges se font, mais au fond, il s’agit de bien plus que ces
superficialités. Comment passer au-delà de tout ça, comment peut-on à
ce point manquer ces petites choses ? Il m’est inconcevable de vivre
sans musique, tout comme il m’est inconcevable de ne pas être touché
par le monde qui m’entoure. La musique mécanique sert-elle à cela ? La
mélancolie et les simples joies quotidiennes définissent ma vie.
Je m’arrêterai donc ici sur ces réflexions aussi songeuses qu’inadaptées, le vrai monde m’appelle.
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18 juillet 2009
Enter the circus - Chapter 7 - Eux
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C’est comme une série télévisée.
Ils sont là. Parmi nous. Ils rient de ce qu’ils veulent, d’une voix sûre et parfois haute. Le regard parfois haut et perché lui aussi. Ils osent ce que nous n’osons pas, tout du moins, ce que je n’ose pas.
Il est vrai, soyons clairs, que je les envie. C’est comme un but. Une gloire ridiculement éphémère. Une notoriété au niveau d’un lycée. Une notoriété pour aucun acte, aucun talent particulier ; juste la notoriété de la personnalité.
Car il s’agit bien de personnalités uniques, qui se sont retrouvées. Ils vivent ensemble, se sont trouvés, aimés, détestés. Ils ne se ressemblent pas, ils ne nous ressemblent pas. On les admire ou on les haït mais en aucun cas on reste indifférent.
Alors on connaît leur nom, leurs histoires. On veut les approcher, je veux les approcher. On sait des choses qu’on ne devrait pas savoir, on se sent finalement plus proche que l’on aurait imaginé. Ces deux demoiselles inséparables, ou bien ce couple à l’apparence parfaite, ou encore elle, et lui qui l’aime trop. Tout se mêle, les toiles se tissent et nous restons collés. Derrière ces masques, un visage triste, un visage heureux ou alors tout simplement blasé. Une élite, qui ne l’a peut-être pas forcément désiré. Juste une élite, une élite de caractères. L’antithèse des nôtres, l’hyperbole de ce que nous voulons être. Juste oser et alors vivre. Mais s’en rendent-ils compte ? Se voilent-ils la face ?
Chacun a son modèle, chacun sa place, reste alors à la trouver, et la miser.
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26 juin 2009
Enter the Circus - Chapter 5 : Same as Ch.1
Ces vacances furent longues, savourées mais malheureusement parfois ennuyeuses et majoritairement sans lui. Lui est rentré en première scientifique et moi je suis passé du côté obscur, le littéraire. Le littéraire est celui qui sert de bouc émissaire quand messieurs les S veulent se glorifier de leurs heures supplémentaires de maths inutilement ennuyeuses et justifier leur heures de permanence inexistantes. Mais le littéraire profite et est censé travailler beaucoup plus que le matheux pendant ses multiples heures de farniente. Il est supposé le faire…
*
Ce n’est donc pas ça qui va avancer notre histoire. B est parfois étrange mais je crois que tout va pour le mieux entre nous. Je l’aime vraiment, sincèrement. Dans les couples il y en a toujours qui aime plus que l’autre et j’ai bien peur que ce « un » ce soit moi. D’ailleurs pour arranger nos disputes où je finis toujours en larmes pour rien, B a rencontré une certaine L. Ils ont l’air de plutôt bien s’entendre. L est du genre plus que douée en cours et pour couronner le tout elle est drôle et charmante. Hell je la déteste déjà. Quant à P, elle aussi est passée du côté scientifique. On se voit de moins en moins souvent surtout que l’internat a décidé de nous trier par section. Aux dernières nouvelles l’un des deux qui lui avait demandé son numéro est plutôt sérieux vis-à-vis d’elle. Malheureusement je ne crois pas qu’il en soit de même pour elle.
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Je me suis mise à la guitare. Un peu de musique dans la vie cela peut que me faire du bien. Surtout que B commence à voir L régulièrement pour travailler. J’ai donc de quoi m’occuper. J’ai trouvé mon maître en musique. Son univers musical est le mien et c’est bien grâce à lui que je sais jouer quelques morceaux. J’évite les morceaux tristes ces derniers temps. J’entame ma déprime automnale et ces rendez-vous entre B et L qui annulent les miens commencent à m’exaspérer. Heureusement ma famille d’interne est là pour moi. Mes crises de nerfs commencent à prendre le dessus et ma jalousie maladive me surprend de plus en plus souvent. Quant à mes délires, n’en parlons pas. Je l’aime tellement plus que lui…
09 juin 2009
Enter the Circus - Chapter 4
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Je n’ai pas osé prendre son numéro. Mais quelle stupidité, quelle idiotie. C’est tout moi. Quelques fois on veut tellement quelque chose, qu’une fois que ça arrive, ça chamboule notre, vie, ça modifie nos petites habitudes, ça nous effraie et ça nous passe sous le nez avec un étrange soulagement. Le soulagement de retrouver notre quotidien presque perdu et pourtant tant haï. M
ais s’en est fini de cette timidité. Ce nouveau départ n’est pas là pour rien. Oser. S’exprimer. Bref casser la coquille. Suite à un stupide malentendu et évidemment grâce à mon éternelle anxiété je n’ai pas eu son numéro. Elle n’était pas si jolie que ça finalement. Son amie est mieux ma conscience me disait. Mais cette sotte avait oublié d’ajouter qu’elle était désormais avec B.
Heureusement nous étions deux à demander ces dix chiffres vitaux. J’ai donc récupéré ce numéro et envoyé un message dans la soirée. Brève explication, une dose d’humour, de l’autodérision et le tour était joué. Il ne restait qu’à attendre la réponse. Réponse qui savait se faire attendre. Là est tout le vice du message écrit.
Premièrement l’attente. On attend, on s’imagine tout ce qui peut se passer. Veut-elle répondre. L’a-t-elle reçu ? On met alors en place le plan « accusé de réception ». On ne sait jamais ! Quitte à s’endormir à côté du minuscule engin. Viens alors la réception. Sans aucune intonation on lit le message. Puis on le relit et on le relit et on le connait presque par coeur. Reste à l’interpréter ! Y a-t-il des messages cachés, des sous-entendus ? Chaque phrase peut-être comprise différemment, car sans intonation de la voix, le message reste libre d’interprétation, et c’est là que réside le vice de telles communications.
Jeunesse décadente jureraient certaines personnes plus âgées. Et avec du recul je saisis bien le ridicule de la chose. Mais comment faisaient donc les jeunes des époques précédentes sans messagerie instantanée ?
La réponse fut finalement à la hauteur de mes espoirs et ce fut le rayon de soleil de ma soirée. Rayon de soleil qui illuminait au fil du temps de plus en plus de soirées. Rayons très souvent provoqués par moi-même. Au fil des éclaircissements je me voyais alors sombrer dans un état de vulnérabilité tant haï : l’amour. Et la stupidité est bien plus grande car je ne la voyais jamais et notre timidité assemblée n’arrangeait pas les choses. Les messages continuèrent ainsi de temps en temps. L’été s’ajoutant à cela, ma vie s’ensoleillait sensiblement. Les vacances arrivèrent. Je la verrai à la rentrée.
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01 juin 2009
Enter The Circus - Chapter 3 - Bitch
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Je suis tellement jeune et belle avec mes cheveux longs. Je me suis plutôt bien intégrée dans ce lycée. Quelle classe mon dieu. Je deviens donc une femme. J’aime. J’aime ces nouveaux regards sur moi. La mode m’a attrapée et lui j’aimerai bien l’attraper. Je me suis fait de nouvelles amies. Ces petites folles sont géniales. Que de fous rires, que de shopping, que de discussions. Je suis heureuse avec elle. Exit les petites pas mûres qui me servaient de meilleures amies au collège. Celles-ci sont mes nouvelles meilleures amies. Mais ces petites chiennes s’intéressent un peu de trop près à lui. Il va falloir que je remédie à ça. Pas de quoi s’inquiéter, il n’y a rien de mieux que la bonne vieille technique de la rumeur. Tout le monde parle à tout le monde dans notre classe, c’est vraiment une symbiose agréable. Toutefois quelques clans commencent à se former. Tant que je reste dans celui des populaires, tout va bien. Heureusement, on est bien loin du système de vie lycéenne américain…
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IL lui parle ! IL ! Totalement insensé ! C’est contre nature, contre mes plans. Ce n’était pas sensé se passer ainsi. Elle devait lui parler de moi et rien de plus. Voilà qu’IL s’intéresse à elle, bientôt ils seront amis et je ne serai plus rien.
Il me semblait pourtant que ces sous-entendus, ces regards, ces sourires m’étaient exclusifs. Cela devait se passer ainsi. Elle partait en reconnaissance, non pas pour tâter le terrain, juste pour confirmer. Confirmer mes pensées, car oui j’ai toujours raisons et mes jugements sont toujours vérifiés. Toujours j’ai raison, toujours j’ai obtenu ce que je voulais et quoi qu’il advienne je l’obtiendrai. J’obtiendrai ce que j’avais programmé, je l’obtiendrai LUI.
Il ne me résistera pas et elle non plus. IL est ma priorité et elle ne sera pas sa propriété. IL le sera. Je l’aurai, qu’il en soit ainsi. L’amitié n’a aucune influence dans de telles urgences. Il me faut alors une fois de plus brouiller les esprits, les sentiments et ainsi façonner les jugements.
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C’est comme un jeu. Un jeu affolant, affriolant et enivrant. Je les manipule et, bêtement, ils me croient. Ils ne se posent pas de question, aucune, aucune réflexion, pas une seconde d’hésitation. Seule l’inséparable de la perruche remettait en question mes fausses-vérités. Alors seulement les deux inséparables s’éloignent l’une de l’autre. Il est dans les moeurs de déclarer des amitiés éternelles mais il est dans la nature humaine de tout faire pour être heureux. Mademoiselle Perruche voit alors en moi la Vérité alliée à la Bonté qui évite ses malheurs tandis que son ex-acolyte me voit comme le diable. Commence alors le début de leur fin. Je ris de me voir si influente. Je ne suis pas sans conséquences, prenez garde à moi très chères.
Elle s’éloigne alors de lui et lui d’elle. Ces deux là ont bien failli se rapprocher trop à mon goût. Mais qu’il en soit ainsi j’agis sur le monde et le créé à mon image. Les goûts sont dans la nature mais les miens les évincent. Tout devrait désormais revenir dans l’ordre des choses.
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30 avril 2009
Il fut un temps
Outre le fait que mes oreilles soient un poil trop grandes
Ce sont aussi des paraboles
Dans le sens où elle captent pas mal d'informations, évidemment
Et il se trouve que finalement elles fonctionnent indépendamment de ma volonté
Alors après avoir entendu des choses que je n'aurai pas dû - une fois de plus -
Tout ça m'a rappelé que deux ans plus tôt j'avais commencé à écrire ça...
Enter The Circus
Chapter One
Je suis tombée amoureuse, tout du moins je croyais. J’ai rencontré de vrais amis. Je e suis pris la réalité en pleine face et accessoirement je suis rentrée au lycée.
Il me semble que tout a vraiment commencé une journée de mai. Vous allez être très perspicace et je vous devance ; non, il ne s’est rien passé de septembre à mai. Juste des successions de journées banales, devoirs sur devoirs, cours après cours, profs après profs, week-end après week-end. Je pourrais vous détailler nos semaines, les regards qu’on croise, ceux qu’on évite, les sonneries, retirer plus d’un plat à la cantine, ne pas faire la bise, faire la bise, trouver une problématique. Non. Franchement vous n’en avez que faire.
La semaine du lycée modeste se résume à ça : attendre le week-end, le gâcher et languir jusqu’au prochain en espérant ne pas perdre son temps le samedi après-midi.
Voilà la dure vie du lycéen de base. Levé à 7h, arrivé à 8h, éveil à 10h30 avec la faim qui pointe le bout de son nez. (Car oui le lycéen ne déjeune pas car le lycéen reste le plus longtemps possible au lit.) Premier soupir à 11h30 , une suite d’évènements semblable pour l’après-midi et pour finir, couché à minuit, après 2h00 intensives d’ordinateur, juste histoire de compenser.
En ce jour de mai, il faisait donc un temps de saison si agréable et pour profiter de cette si rare occasion, nous nous étions assises, quelques amies et moi, dans un carré d’herbe. Le genre d’option que les lycées côtés citadins ne peuvent s’offrir. On s’étalait donc en bavardages, à l’ombre d’un des nombreux bâtiments massifs qui formaient ce puzzle de lycée.
Discussions passionnantes, ragots barbants et égocentrismes écoeurants étaient à l’ordre du jour, comme chaque jour évidemment.
P, Ma meilleure amie (expression qui a perdu tout son sens grâce aux lycéens français), posée à mes côtés, courageusement, prêtait attention à mes divagations psychédéliques. Courage montré depuis la primaire, même en dehors des cours car nous sommes voisines. En effet je suis de ces campagnardes qui mettent une demi-heure pour rentrer chez elle et donc deviennent internes pour trois ans. Ce que l’on peut résumer par cantine matin-midi-soir mais aussi par intensification plutôt importante des relations.
Effet de mode ou non, celle-ci s’était habillée en jupe courte et deux autres nouveaux lycéens en manque d’amour ou perturbés par le printemps s’étaient ameutés vers nous pour prendre son numéro de portable. Accessoire indispensable du lycéen de base.
Je continuai alors ma divagation, seule en observant ce cher B. à l’autre bout de la patinoire bétonnée qui nous servait de cours. Du type blond et musclé, limite nordique avec ce fâcheux tic consistant à remettre ses cheveux en place avec l’index et le majeur, j’avais mis plusieurs années à vraiment le connaître, et là, du haut de mes récentes quatorze années, je tombais amoureuse pour la première fois.
[Plutôt bizarre de publier ce genre de choses, mais fallait bien que ce soit lu, même si il aurait fallu réécrire une bonne partie]
[à suivre]
